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Le jour où l’invincible équipe de Hongrie s’est fait voler sa finale de Coupe du Monde

Au sortir de la seconde guerre mondiale, certains pays issus du bloc soviétique, dont la Hongrie, ont pris le parti de mettre en vitrine le football pour servir la cause et l’image de l’idéologie communiste. Dans ce contexte de reconstruction politique et identitaire, le pays se fait connaitre du monde entier grâce à son équipe nationale de football qui éclabousse la planète de son talent. Le « onze d’or hongrois », emmené par des joueurs tels que Sandor Kocsis, Zoltan Czibor ou Ferenc Puskas, va rester invaincu pendant près de quatre ans avant de perdre en finale d’une Coupe du Monde qui faisait plus que lui tendre les bras. Gros plan sur l’ascension et la chute de l’une des plus belles équipes de l’histoire du ballon rond.

 

La naissance des « invincibles »

L’équipe de rêve hongroise va commencer en 1949, période de reconstruction d’après guerre, avec la nomination comme entraineur de Gusztav Sebes qui prend l’initiative de bâtir son équipe autour de cadres tels que Jozsef Bozsik, Gyula Grosics, Sandor Kocsis et Ferenc Puskas. Ces joueurs sont à ce moment là, en dehors du fait d’avoir un talent colossal, uniquement connus à l’échelle de la Hongrie. L’équipe étonne, gagne et séduit le pays tout entier par sa manière de jouer. Son succès le plus important est sa victoire en 1952  aux Jeux Olympiques d’été d’Helsinki, en  finale contre la Yougoslavie. Ce titre, qui reste aujourd’hui  le seul du football hongrois, est vécu à ce moment là comme l’opportunité de participer à une compétition internationale  hors du bloc de l’est soviétique.

L’équipe de Hongrie est à ce moment là connue de toute l’Europe. Tellement connue que la fédération anglaise, impressionnée par ces prestations, l’invite pour un match amical à Wembley. L’enjeu est grand sachant qu’aucune nation du continent n’a encore vaincu l’Angleterre dans son antre mythique. Nous sommes le 25 Novembre 1953 et la Hongrie s’impose 6-3 sur le terrain des anglais. Ce match, en tous points éblouissant, sonne alors comme un coup de tonnerre sur la planète du ballon rond. La Hongrie n’est plus une équipe de joueurs anonymes, la Hongrie impressionne, la Hongrie fascine, la Hongrie fait peur ! Mieux encore, les observateurs de l’époque l’érigent en grande favorite pour la Coupe du Monde qui a lieu dans quelques mois en Suisse…

Une révolution du football

En dehors du fait d’avoir de véritables artistes dans ses rangs, l’équipe de Hongrie étonne par sa remise en question tactique et technique du football. Le sélectionneur de l’époque Gusztav Sebes apporte une organisation tactique proche d’un 4-2-4 qui fait figure de révolution dans le contexte de l’époque. Cette conception du football sera d’autant plus pertinente qu’elle sera utilisée, une quinzaine d’années plus tard, comme base de réflexion du football total des hollandais dans les années 70 ou du Brésil de Pelé qui raflera tout sur son passage. Football agréable, réflexion pertinente sur le jeu, des joueurs à la technique absolument éblouissante, tout le monde des observateurs se prend alors d’attachement pour cette génération dorée.

 

Le fameux "onze d'or hongrois" invaincu de 1950 à 1954!

Le fameux « onze d’or hongrois » invaincu de 1950 à 1954!

La finale de Coupe du Monde volée par les allemands

La Coupe du Monde prend enfin ses droits et l’équipe de Hongrie, qui est déjà rebaptisée « le Onze d’Or hongrois », rentre à son tour dans la compétition. Elle bat en phase de poule la Corée du Sud 9-0 (doublé de Puskas et un triplé de Kocsis) puis la RFA 8-3 (Quadruplé de Kocsis et un but de Puskas, notamment). Propre, sans la moindre contestation. Elle écarte ensuite de son passage, dans les matches à élimination directe, le Brésil 4-2 puis l’Uruguay 4-2 après prolongation. Les matches sont beaucoup plus rugueux qu’en poule et la sélection Magyar est privée depuis deux matches de Ferenc Puskas, blessé. La porte de la finale de la Coupe du Monde est grande ouverte face à une RFA qu’ils ont pulvérisé en phase de poule. La Coupe du Monde leur tend les bras.

Nous sommes le 4 juillet 1954, jour de finale. Sous une pluie battante, la Hongrie déroule et mène rapidement 2-0 (buts de Puskas et Czibor) après seulement huit minutes de jeu. Les allemands sont très agressifs, cassent le jeu et reviennent à 2-2 avant de mener 3-2. Les hongrois élisent domicile dans le camp allemand. Après avoir touché les poteaux à plusieurs reprises, les hongrois vont parvenir à égaliser. Un but qui sera injustement refusé, au regard des images, par le corps arbitral. La RFA est alors championne du monde. Une enquête allemande révélera en Octobre 2010 que l’équipe de la RFA s’était dopée à la pervitrine. D’autres médias soulèveront plus tard que l’Allemagne devait gagner, au regard du contexte politique de l’époque, qui plus est face à un adversaire soviétique.

Sandor Kocsis (75 buts en 68 sélections) et Ferenc Puskas (84 buts en 85 sélections)

Sandor Kocsis (75 buts en 68 sélections) et Ferenc Puskas (84 buts en 85 sélections)

Certains hongrois vont s’exiler de leur pays

Le onze d’or hongrois aura donc été invaincu entre le 14 mai 1950 et le 4 juillet 1954 ce qui représente près de 26 rencontres. Cette équipe mythique n’aura finalement connu qu’une seule défaite (celle en finale contre la RFA) en l’espace de six ans, de 1950 à 1956. Depuis, seule l’Argentine, avec 40 matches sans défaite, est parvenue à battre ce record entre 1991 et 1993.  La politique reprend vite le dessus. L’histoire de cette magnifique génération prendra fin le 23 octobre 1956, le jour où les chars russes rentrent dans Budapest pour mettre fin à la révolution hongroise. Certains joueurs, en déplacement à ce moment là en coupe d’Europe, prennent le parti de ne plus jamais rentrer et de s’exiler. Ainsi, Czibor et Kocsis s’engageront avec le FC Barcelone  alors que Ferenc Puskas signera pour le Real Madrid. Ces trois joueurs vont rafler tous les trophées inimaginables sous leurs nouvelles couleurs et seront dans le top 5 des meilleurs joueurs du monde de leur époque.

http://www.youtube.com/watch?v=cKS1cKmsrCI

 

Vivien Couzelas

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Au sortir de la seconde guerre mondiale, certains pays issus du bloc soviétique, dont la Hongrie, ont pris le parti de mettre en vitrine le football pour servir la cause et l’image de l’idéologie communiste. Dans ce contexte de reconstruction politique et identitaire, le pays se fait connaitre du monde entier grâce à son équipe nationale de football qui éclabousse la planète de son talent. Le « onze d’or hongrois », emmené par des joueurs tels que Sandor Kocsis, Zoltan Czibor ou Ferenc Puskas, va rester invaincu pendant près de quatre ans avant de perdre en finale d’une Coupe du Monde qui…

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À propos Vivien Couzelas

Vivien Couzelas
Amis passionnés de football, Une fois le Diplôme Européen de Journaliste en poche et quelques expériences professionelles dans le journalisme plus tard, j'ai décidé de mettre sur pieds un site à l'image de ma conception du football :Quelque chose de sérieux mais sans prise de tête, quelque chose qui nous rend par moments cinglés mais en gardant du recul, quelque chose dont on ne peut pas se passer tout en ne restant que du sport.... J'espère que vous prendrez autant de plaisir à me lire que je prends chaque jour à faire un métier autour de ma passion. Amitiés sportives, Vivien

Un commentaire

  1. Ce titre, qui reste aujourd’hui le seul du football hongrois: ben ,pas tout a fait,ils en ont gagné deux autres de titres olympiques en 64 et 68 (record en cours la Hongrie est la seule triple médaillée d’or en Foot!) Dezső Novák est le premier et seul footballeur de l’histoire à avoir remporté trois médailles olympiques (l’or en 1964 et 1968, le bronze en 1960).
    Voila pour la précision!

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