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Kery James : Si j’étais un joueur, je serais un mélange de Zidane, Cristiano Ronaldo et Gabriel Heinze !

Dans son dernier album intitulé «  Dernier MC », sorti le 13 Mai dernier, Kery James a consacré un titre à l’univers du foot : « 94 c’est le Barça ! ». L’occasion rêvée de s’entretenir avec ce véritable poète de la rue, qui manie les mots avec brio pour parler des maux de son univers, et de découvrir ses affinités avec le monde du ballon rond. Entretien délicieux avec un homme qui est la personnification même de la disponibilité et l’humilité.

Kery James,  avec le titre « 94 c’est le Barça », comment vous-est venue l’idée de consacrer un morceau et un clip au football ?

Dans l’ordre des choses, c’est le son qui a inspiré le titre. On avait déjà une Instru qu’on avait écouté en studio. Nous l’avions trouvé mortelle et nous nous sommes dit qu’il l’a fallait absolument sur l’album. En l’écoutant je me suis dit, comme ça, spontanément, « 94 c’est le Barça ! »

Pourquoi le Barça et pas un autre club ?

Je n’ai même pas d’explication. Même en grand ignorant du football que je suis, le Barça est dans mon imaginaire une grande équipe qui a formée de grands et nombreux talents tout comme le Val de Marne, qui est également  un bon vivier dans le domaine du rap comme Rohff, le 113 ou MC Solaar.

Vous n’avez donc pas d’affinités particulières avec le foot ?

À l’origine, je ne suis pas très foot mais davantage axé sur les sports de combat. J’ai joué au foot quand j’étais très  jeune et aussi un peu au Basket. Je ne suis pas le foot de près. Cela m’est arrivé d’être allé dans des stades lorsque des footballeurs me faisaient passer des invitations. Je préfère de loin l’ambiance d’un stade que de le regarder à la télé. Quand c’est un match important pour mes potes ou qu’ils ont perdu je les appelle. Concernant les figurants du clip qui sont en partie issus du milieu du foot, ce sont des amis ou des connaissances interposées. Je connais Jérémy Ménèz car il vient du Val de Marne. Il y a un truc qui me dérange vraiment dans le football c’est la place très importante de l’argent. Je n’ai jamais réussi à valider l’idée que celui qui aura le plus d’argent aura la meilleure équipe. C’est un principe que je trouve vraiment étrange. Ce n’est pas pareil que sur un ring, où le gars se bat avec sa force, son mental sans que son argent n’y soit pour quoi que ce soit. Il ne peut pas devenir le meilleur s’il n’en a pas les qualités. Il y a plusieurs années, nous sommes allés au Parc des Princes et un joueur m’avait marqué car je me retrouvais dans sa mentalité c’est Gabriel Heinze. Il lâchait rien, il attaquait, il défendait. Certains joueurs s’en foutaient de perdre le ballon, lui il se battait tout le temps sur le terrain.

Il existe un vrai parallèle entre le monde du foot et le rap…

Le lien c’est la Banlieue, c’est aussi simple que ça. Il y a beaucoup de footballeurs qui écoutent du rap et beaucoup de rappeurs qui aiment le foot. Il y a un lien qui se fait naturellement. Le foot est un sport accessible aux plus défavorisés qui est assez populaire. Il y a une vraie raison sociale à cela.

Les footballeurs semblent être la cible de la récupération médiatique du monde politique, comme l’étaient les rappeurs auparavant, est-ce votre point de vue ?

Cela peut revenir dans le rap comme c’était le cas avant. Il y a un côté opportuniste lorsqu’il s’agit d’un truc qui est un peu populaire. La puissance du foot réside en sa capacité à fédérer les gens et à avoir une vraie incidence sur le moral des gens. Les retombées économiques sur le pays sont également bien réelles. La victoire de la France en 1998 a par exemple fait du bien aux gens mais les problèmes de fond étaient toujours là.

Quel regard vous portez sur l’évolution de ce rapport Banlieue- Foot- Récupération médiatique des deux thèmes ?

Comme je l’évoque dans mon album, certains médias essayent de dresser une partie des français contre une autre. Le problème c’est qu’ils finissent par y arriver. Beaucoup de journalistes me demandent si je suis choqué par la montée du Front National. Non, je ne suis pas choqué par cette montée car les journalistes ont préparé le terrain ce qui explique en partie les gros scores. Et ils seront amenés à en faire de plus gros encore car on pointe toujours les mêmes du doigt. L’ensemble de la classe politique se met à dire des choses que Jean Marie Le Pen disait il y a 15 ans. La différence c’est, qu’à cette époque, on trouvait ça inacceptable qu’il dise cela. Les médias allument le feu d’un côté et se positionnent de l’autre en étant choqué par la montée du FN. La démarche intellectuelle des gens, n’est pas, en règle générale, d’aller plus loin que l’information que leurs proposent les médias.

Le mot « Racaille »est un terme qui revient des fois dans les médias pour définir l’attitude de certains joueurs. C’est un mot qui est utilisé pour dire un peu tout et n’importe quoi .Vous qui l’utilisez dans le morceau « 94 c’est le Barça », quelle est la définition juste du terme «  Caille-ra » ?

Il n’y a pas qu’un seul type de Caille-Ra ! Dans tous les cas ce terme signifie insoumis au système. Après il y a plusieurs façons de l’être. Il y a ceux qui le sont d’une façon stupide et sont nuisibles à eux même et ceux qui le sont d’une manière plus subtile. L’insoumission peut se caractériser sous différentes formes. Pour revenir aux joueurs de foot, je ne prétends pas être meilleurs qu’eux, j’ai fait des erreurs dans mon parcours qui peuvent être un mauvais exemple pour ceux qui écoutent ma musique. Tous ces jeunes footballeurs qui viennent de certains quartiers doivent avoir un sens de la responsabilité car, en réalité, qu’ils le veuillent ou non, c’est un sport qui est très populaire. Ils représentent une catégorie de la population. Ils doivent faire attention en ayant deux fois plus de résultats et fassent deux fois moins d’erreurs de parcours. Le footballeur a ce pouvoir puissant de pouvoir tout faire oublier avec un but et d’avoir un impact sur la semaine de travail de son équipe. Pour moi, c’est incompréhensible mais bien réel !

Vous dites dans vos morceaux que la France est divisée en deux, ou situez-vous le footballeur dans cet échiquier ?

Tout dépend de quel footballeur on parle. Il y a bien deux France, c’est certain. Il y a un certain stade où l’argent uniformise et gomme les différences. On ne parle à ce moment-là plus d’un noir ou d’un arabe mais d’un « riche ». Il y a un certain stade où cela devient comme ça. Les jeunes footballeurs sont coupés du monde très tôt et sont déjà dans une bulle. Ils sont protégés et gagnent des sommes astronomiques qui font tourner la tête ce qui peut expliquer qu’ils soient déconnectés de la réalité. Un footballeur qui gagne très bien sa vie tout en restant encrée dans les réalités a beaucoup de mérite, selon moi.

Quel joueur résumerait bien l’artiste et l’homme que vous êtes ?

Un seul, je n’en vois pas. Je serais un mélange de Zinedine Zidane pour sa modestie, Cristiano Ronaldo pour son soutien à la Palestine et Gabriel Heinze pour son côté acharné !

 Propos receuillis  par Vivien Couzelas

Dans son dernier album intitulé «  Dernier MC », sorti le 13 Mai dernier, Kery James a consacré un titre à l’univers du foot : « 94 c’est le Barça ! ». L’occasion rêvée de s’entretenir avec ce véritable poète de la rue, qui manie les mots avec brio pour parler des maux de son univers, et de découvrir ses affinités avec le monde du ballon rond. Entretien délicieux avec un homme qui est la personnification même de la disponibilité et l’humilité. Kery James,  avec le titre « 94 c’est le Barça », comment vous-est venue l’idée de consacrer un morceau et un clip au football ? Dans…

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À propos Vivien Couzelas

Vivien Couzelas
Amis passionnés de football, Une fois le Diplôme Européen de Journaliste en poche et quelques expériences professionelles dans le journalisme plus tard, j'ai décidé de mettre sur pieds un site à l'image de ma conception du football :Quelque chose de sérieux mais sans prise de tête, quelque chose qui nous rend par moments cinglés mais en gardant du recul, quelque chose dont on ne peut pas se passer tout en ne restant que du sport.... J'espère que vous prendrez autant de plaisir à me lire que je prends chaque jour à faire un métier autour de ma passion. Amitiés sportives, Vivien

2 plusieurs commentaires

  1. Que penser de ce billet qui ma litteralement subjugez … sublime ?

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