Home / Editos / Et vous, vous préféreriez danser une bourrée avec Annie Cordy ou un slow avec Halle Berry ?
fabrication-francaise

Et vous, vous préféreriez danser une bourrée avec Annie Cordy ou un slow avec Halle Berry ?

La rencontre de dimanche dernier entre le PSG et Lyon a accouché d’un fait tout à fait exceptionnel pour la Ligue 1 : Le Paris Saint Germain a aligné, pour la première de son histoire et de celle de la Ligue 1, un onze de départ sans le moindre joueur français. La simple normalité de la mondialisation croissante du football pour certains, et l’opportunité de brandir la bannière du recrutement Made in France pour d’autres. Mais au nom de quoi ? Dans quel but ? Pour quelles conséquences ?

 

Nombreux étaient les gens, lundi matin, à la machine à café ou dans les médias, à parler de la victoire écrasante du Paris Saint Germain 4-0 face à L’Olympique Lyonnais, forteresse imprenable du Championnat ces dix dernières années. Si le score et la sérénité des joueurs de Laurent Blanc laissaient à penser que le club de la Capitale devrait s’adjuger, pour la seconde année consécutive, la couronne hexagonale, le monde du football s’est emparé d’un fait, indépendant de la victoire sur le contenu : Le onze de départ du PSG n’avait pas le moindre joueur français…

La culture de la bien-pensance autour du « recruter français »

Nous sommes dans une période où la Ligue 1 est en pleine mutation et tend, chaque jour un peu plus, vers une internationalisation du recrutement. Car il est à moindre coût pour certains, à l’instar de la signature Dario Cvitanitch arraché au fin fond de l’Argentine par Nice, ou regorgeant des stars internationales du ballon rond, comme en Espagne ou en Italie voir en Angleterre, pour des clubs comme Monaco ou le Paris Saint Germain. Sans le moindre doute, l’argent de ces clubs dérange. Pire encore, elle déforme le curseur de l’objectivité et l’analyse chez le supporter de base. Prenons un exemple: le litige entre le club princier et la LFP. Le siège de Monaco- qui est et a toujours été sur sol monégasque depuis 1924, n’a jamais autant dérangé que depuis que le club a été racheté par le milliardaire russe. Cet état de fait ne remet pas en question la légitimité de la demande la Ligue à ce sujet. Pareil pour Paris, qui dérange avec l’étalage de son oseille depuis qu’il est sous fonds qataris. Ces deux faits soulèvent un point : La difficulté qu’à le français face à l’argent, et encore plus lorsqu’il provient d’argent outre hexagonal et qui vient bousculer le confort de ses dirigeants. Et lorsqu’il est dépensé pour des joueurs étrangers et que cela nous ramène indirectement au niveau de nos propres joueurs, le débat s’enflamme de plus belle. En quoi cela représente-t-il un problème d’avoir des joueurs étrangers s’ils sont deux fois plus talentueux que ceux estampillés «  Bleu-Blanc-Rouge » ? De nombreux clubs comme l’Inter Milan (Internazionale) ont bâti leur histoire autour de cette fameuse internationalisation de leur équipe.

On recrute français, et après ?

Prenons le problème dans le sens inverse et isolons les joueurs français qui seraient susceptibles d’apporter une valeur ajoutée aux « onze de départ » de Monaco et du PSG. Mis à part Ribéry Varane, Pogba et peut être deux autres joueurs, lesquels délogeraient les titulaires déjà en place dans ces deux grosses écuries ? Quels joueurs français remplaceraient sans commune mesure Thiago Silva, Alex, Marquinhos, Verratti, Maxwell, Zlatan Ibrahimovic, Edinson Cavani, Joao Moutinho, James Rodriguez ou Falcao ? Ce sont les trois cités au-dessus. Ils sont titulaires indiscutables à la Juventus, au Bayern et au Real et n’ont aucun intérêt à partir de leurs clubs. Une fois ce fait avéré, les deux  puissances financières devraient-elles se tourner vers des joueurs français ou d’autres stars étrangères pour continuer de renforcer leur effectif ? Ce débat est sans fin, il tourne en rond. C’est une tempête dans un verre d’eau, un non-évènement. Une interrogation illégitime qu’aurait quelqu’un qui voudrait être grand mais qui n’a pas encore compris comment. Et pour ceux qui seraient encore sceptiques sur la pertinence d’avoir enfin  des stars de classe mondiale sur nos terrains, car beaucoup de ces mêmes personnes qui hurlent le Made in France étaient déjà là à pester contre le manque d’attractivité de notre championnat,  posez-vous une seule question : Demain, vous allez trémousser votre popotin en soirée, vous êtes Bradley Cooper. Préféreriez-vous sincèrement danser une bourrée avec Annie Cordy ou un slow avec Halle Berry ?

 

Vivien Couzelas

Suivez-moi sur Twitter : @PanenkaMag

 

 

La rencontre de dimanche dernier entre le PSG et Lyon a accouché d’un fait tout à fait exceptionnel pour la Ligue 1 : Le Paris Saint Germain a aligné, pour la première de son histoire et de celle de la Ligue 1, un onze de départ sans le moindre joueur français. La simple normalité de la …

Review Overview

User Rating: Be the first one !
0

About Vivien Couzelas

Vivien Couzelas
Amis passionnés de football, Une fois le Diplôme Européen de Journaliste en poche et quelques expériences professionelles dans le journalisme plus tard, j'ai décidé de mettre sur pieds un site à l'image de ma conception du football :Quelque chose de sérieux mais sans prise de tête, quelque chose qui nous rend par moments cinglés mais en gardant du recul, quelque chose dont on ne peut pas se passer tout en ne restant que du sport.... J'espère que vous prendrez autant de plaisir à me lire que je prends chaque jour à faire un métier autour de ma passion. Amitiés sportives, Vivien

One comment

  1. Exemple mal choisi : Annie Cordy est belge.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>